À propos (en draft)

Cette question récurrente dans les interactions sociales : « Et toi tu fais quoi comme boulot ? » Pourrait ici nécessiter plus qu’une phrase du type « Je suis _nom du poste_ chez _nom de l’employeur_ ». Et si vous souhaitez contribuer aux travaux observables sur ce site, une explication serait sans doute utile.

Vous êtes sur le site d’un « Commoner », Chercheur in-terre-dépendant, Développeur de techniques intermédiaires libres, Coopérateur d’Optéos en CAPE… Oui tout ça demande un décodage.

Pourquoi « Chercheur In-terre-dépendant » ?

En 2013, après une première expérience de consultant en ingénierie, je débute une thèse en évaluation environnementale. Je suis à cette période convaincu qu’il n’y a pas d’opportunité réelle et sérieuse d’apporter des solutions concrètes aux problèmes énergético-écologiques que nous rencontrons depuis une ‘société’ (entreprise à but lucratif). Je deviens contractuel de la fonction publique dans la Recherche : Doctorant contractuel.

J’étais sensé appliquer une méthode : L’Analyse en Cycle de Vie (ACV), à des moules de verrerie (les pièces métalliques pour mettre en forme des articles en verre pour les « Arts de la table »). [ref Motion]. Sauf qu’au cours de la biblio… je constate que l’ACV, ça ne fonctionne pas. À ce stade je deviens ‘méthodologiste’. Je fais la critique et je re- conçois sur les principes de l’ACV les contours de l’évaluation environnementale (que j’intitule l’Évaluation Holistique Opérationnelle). J’identifie également des causes probables des dysfonctionnements persistants de la méthode comme la marchandisation de l’ACV (par des professeurs notamment).

Faire l’explication du dysfonctionnement de l’ACV à ‘mes financeurs’ (Ademe) ; faire en priorité le travail de recherche méthodologique (et pas de la presta) et ce de façon systématique pointera un certain nombre de « responsabilité » ; tout ceci va durant la seconde moitié de mon contrat doctoral me « fâcher » avec pas mal de monde.

Fin 2016 ma hiérarchie me proposera « généreusement » une rallonge de contrat pour « corriger mon manuscrit », dans un package incluant défense à Huis-Clos et confidentialité du manuscrit… Une offre qui ne se refuse pas ? Sauf si on dit non !

Je quitte mon laboratoire du lendemain. Et commence à réfléchir aux façon de poursuivre. Après quelques vérifications juridiques [ref invalidité de la clause de PLA], je dépose en ligne mon manuscrit. Pas question que ce que VOUS avez payé soit mis sous clef quand rien de confidentiel des « partenaires » industriels ne s’y trouve. Plus que du « légalisme » sur le partage [ref code de la recherche] (ce à quoi peu de chercheur·se·s s’attachent), ce serait contre mon éthique et contre les conclusions de mes propres travaux.

Je me suis pensé un temps comme « Chercheur indépendant », mais le terme me dérange. Un « travailleur indépendant », ça n’existe pas. Nous cultivons tout un réseau de dépendance (clients, fournisseurs, audimat, lectorat, électeur·ric·es – élu·e·s, donnateur·rice·s – bénéficiaires, familles, associé·e·s etc.). La question est donc de déterminer les interdépendances propices aux objectifs que l’on se fixe. J’ai constaté qu’une dépendance à un financement privé comme public entraîne des dispositions contradictoires à l’avancement de ce domaine. Afin de pouvoir un jour poursuivre sereinement mes recherches et terminer ma thèse, il me faut trouver un modèle d’activité garantissant une certaine indépendance économique vis-à-vis des institutions finançant traditionnellement l’Enseignement Supérieur et la Recherche (ESR) sans pour autant verser dans la fourniture de déclaration environnementales introduisant des attentes d’orientation (prestations d’ACV, i.e. praticien envers des entreprises, ONG incluses).

In-Terre-dépendant ?

La dépendance j’ai saisi, mais pourquoi in-« TERRE »- dépendant au juste ? On est tou·te·s terrien·ne·s. Qu’est-ce que tu entends par là.

Mon sujet de thèse traite d’évaluation Environnementale. Lorsque j’ai débuté comme chercheur, je pensais savoir. J’ai été auditeur en Bilan Carbone (r). J’avais utilisé des outils d’ACV. Je croyais qu’à travers des outils avancés d’ACV, nous (l’espèce) prendrions les décisions adéquates à notre survie.

Si je serais ravi que mes contributions aux Systèmes de Décision Multicritères, à la résolution de la problématique de la Multi-fonctionnalité, et à la dissémination de l’information scientifique et technique servent l’humanité, je suis plongé (comme vous) dans une période de l’histoire humaine où précisément elle pourrait ne pas disposer des ressources pour mettre en œuvre les fruits de mon travail et plus généralement de ma discipline (et potentiellement s’exterminer).

Avant toute autre, notre première relation de dépendance va à la Terre. Et pour notre espèce (et beaucoup d’autres) notre avenir est dans une relation d’inter-dépendance, maintenant que les dégâts sont suffisants pour que notre action soit nécessaire au rétablissement de conditions stables pour notre existence.

Commoner ?

Bon et « Commoner » alors ? Parce que franchement les anglicismes…

Commoner, sans interprétation particulière signifie les « gens de la masse » (roturier), un être commun, une personne ordinaire de la communauté. Et déjà ça, ça me plaît d’être rappelé à cet état de fait.

Mais particulièrement ici j’entends le « Commoner » comme la personne contributrice aux Communs (communeur·se).

L’un des trois piliers de mon travail de thèse porte sur l’accessibilité et l’exploitabilité des connaissances. C’est un thème récurent en ACV . Les scientifiques déclarent régulièrement ne pas disposer des données, en volume et en qualité suffisante. Mais ces mêmes scientifiques contribuent largement à la privatisation et la « mise sous clef » des données qu’il·elle·s produisent. Cette contradiction et les conséquences qu’elle entraîne ont achevé de me convaincre que la connaissance ne peut plus être traité comme marchandise si nous souhaitons avancer. C’est notamment l’interaction entre l’objet (pièce nouvelle de connaissance) et son mode d’obtention qui me pousse à la vigilance. Cette position me conduit à choisir 1°) la reconnaissance de « p·m·aternité » (pour la responsabilité et le suivi) 2°) la mise en Commun 3°) le copyleft pour maintenir la ressource dans ses propriétés de ‘Commun’. Chaque fois que c’est possible, je contribuerai donc en CC-BY-SA sur divers espaces ouverts. Ce site doit d’ailleurs porter la page d’orientation de ces espaces.

Outre les communs de la connaissance qui selon moi sont fondamentaux pour donner une chance à l’humanité, la redéfinition de nos rapports à la « propriété » me parait capitale pour dépasser le mode d’organisation sociale qui nous a conduit à l’écocide actuel. J’espère d’ailleurs contribuer aux Communs vivant avec un petit espace pépinière sur le site de l’atelier de « techniques intermédiaires » (z’avez vu la transition).

Mais si l’anglicisme vous gêne, insistez et on débattra de termes plus adéquats 😉

Techniques intermédiaires ?

<< Développeur de techniques intermédiaires. >> En fait, tu fais ce que tu peux pour embrouiller les gens – j’en suis sur -. Déjà que Low-Tech, il n’y a pas grand monde qui connaisse.

Hum. Pour être honnête, j’aime quand les gens s’interrogent, se questionnent et questionnent leurs certitudes. Ce serait même une posture « d’enseignant chercheur » que je cultiverais que cela ne me surprendrais pas 😉

« Les expériences de Bonawitz et coll. (2011) fournissent une piste de recherche. Elles montrent que l’enfant à qui on fournit un enseignement trop explicite finit par accorder une confiance plus grande à l’enseignant qu’à ses propres capacités d’exploration. »

Cours du collège de France de Stanislas Dehane Fondements cognitifs des apprentissages scolaires, L’engagement actif, la curiosité, et la correction des erreurs. https://www.college-de-france.fr/site/stanislas-dehaene/course-2015-02-03-09h30.htm

Low-tech est un terme qui s’est construit en opposition au « High »-tech. Mais haute et basse technologie ne donne aucune indication du niveau technologique les comparatifs appelant une référence. « Technologie intermédiaire » dans son emploi vise justement à interroger le « niveau » des techniques employées pour répondre à un besoin.

Considérant le besoin à satisfaire comme exprimé (et non à chercher), je me considère sur cette activité comme « développeur » (nous savons avec le bénéficiaire ce que nous souhaitons obtenir).

En ce moment je prépare un déménagement dans l’Aisne pour rejoindre le futur site de l’atelier. J’y ferai les prototypages et les tests. Ce sera donc un Atelier de Techniques Intermédiaire Rural.

CAPE – OPTÉOS

Et sinon, c’est quoi cette affaire de CAPE – OPTÉOS

CONTRAT D’APPUI AU PROJET D’ENTREPRISE

Loi n°2003-721 du 1/08/2003 – articles 20 et 21
Code du Commerce – articles L127-1 à L127-7
Code du travail – articles L5142-1 à L54142-3
Décret n°2005-505 du 19/05/2005

Durant mon master à l’IAE j’ai pu étudié différentes formes entrepreneuriales. Celle-ci ne faisait pas partie des cours 😉 . J’avais envie de créer, mais pas individuellement. La coopérative Optéos m’ouvre cette voie. Et bien que je sois le seul à « faire ce que je fais » au sein de la structure, de nombreuses inter-relations sont possibles (ce site web notamment 😉 merci Benjamin et Simon).

Gagner sa vie

T’as toujours pas dit combien tu touches ! Tu vas me dire que tu gagnes ta vie avec ça ?!

J’objecte de prime abord ceux et celles qui déclareront « ne pas avoir à gagner leur vie ». Sur la base matérialiste qu’il convient de reconnaître, il faut à l’être humain des conditions matérielles d’existence renouvelées sans quoi c’est la mort. Celles et ceux qui meurent dans la rue nous le rappel suffisamment gravement.

J’aimerai bien en vivre. Mais pour le moment je ne perçois pas de revenu lié à mes travaux. Je vis d’une solidarité plurielle, les différentes caisses de cotisation, ma famille, mon foyer ainsi que de l’usure progressive de mes capitaux. Pour ne pas épuiser les éléments pré-cité, j’envisage différents modèles, qui feront aussi l’objet de recherche.

Pour le moment je vise

* une autonomisation par de l’auto-consommation sur l’habitat (eau, aliments, énergie, par la maison et le jardin, avec un certain nombre de « Low-tech » en test)

* une fraction marchande (non systématiquement monétaire) « d’excédents de production » non-auto-consommés

* de la prestation envers des établissements d’enseignement

* une contribution par l’économie du don (i.e. fourniture du service inconditionnel, mais pas indépendante du don)

* une contribution mixte entre prestation et don sous forme d’ateliers avec une part en prix libre (atelier R&D libre)

selon la structuration collective il sera peut-être possible de viser

* de la recherche subventionnée

Mais ce que j’en retiens c’est qu’au regard de mes anticipations macro-économiques et politique, « gagner ma vie » (au sens de reproduire mes conditions matérielles d’existence) pourrait bien se faire avec une fraction non-monétaire non-négligeable. Et dans cet optique, j’aimerai évaluer les mécanismes permettant de maintenir des régimes de solidarité étendus hors cadre monétaire. Lorsque je plante un arbre ou pose une ruche / un hôtel de biodiversité, j’y contribue de façon non-monétaire, mais ces modes me semblent bien trop restrictifs quand bien même ils sont selon moi essentiels.

D’ailleurs si nous ne contribuons pas activement à l’élaboration d’une transition, y aura-t-il une vie à gagner.

Si vous souhaitez d’autres informations, vous pouvez toujours me contacter. Si vous expérimentez aussi, n’hésitez pas à relater votre approche sur wikiversité (contactez RP87 😉